• Choisir

    D’habitude je suis très difficile dans mes choix en tout domaine, J'ai longtemps été paralysé par la nécessité du choix et par l'impossibilité intrinsèque de savoir à l'avance si le choix est bon ou non, s'il est décisif ou anodin. Now, je pense qu'en fait, tous les choix sont biaisés et que toutes les routes conduisent forcément à notre Rome intérieure. Comme une trajectoire, plus ou moins rectiligne, mais dont le terminus est inéluctable. Il y a des endroits, des gens, des situations que, finalement, on ne parvient pas à éviter. Tout comme il y a d'autres buts que l'on ne peut jamais atteindre, quelles que soient l'énergie et la volonté que l'on mobilise pour cela. Parce qu'en fait, une partie de nos choix se fait en dehors de nous ou plutôt, profondément en nous, sous la ligne de flottaison de notre conscience, là où se nichent nos obsessions, nos désirs profonds, nos haines insurmontables, tout ce qui n'affleurent qu'à peine à la surface de notre personnalité, mais qui est le substrat sur lequel nous sommes réellement construits. Je crois que c'est cette forme déterminée de notre existence que nous avons tendance à appeler destin, histoire de donner un sens à ce qui nous échappe forcément.

     Car tout est là : choisir, c'est ne prendre qu'un seul chemin et oublier instantanément tous les autres. Choisir n'est plus avancer, c'est juste fermer toutes les portes à l'exception d'une seule. La plupart du temps, en choisissant nous donnons des orientations à notre vie sans même le savoir. Il est même rare de pouvoir en prendre conscience. Parce qu'à aucun moment, il ne nous est possible de mesurer les conséquences de nos choix. C'est  seulement  au moment où l'on comprend que choisir, c'est choisir quand même, mais contre nous, que l’on est l'acteur de ses choix, l'acteur principal de sa vie, qu’il devient insupportable d'être témoin d'une vie qui passe, une vie sans soi... 

     Arrive un moment. C’est le moment où l'on comprend que ce qui compte, c'est effectivement de savoir qui l'on est, ce que l'on veut vraiment et ce que l'on est prêt à sacrifier pour y arriver. Une fois passés la sensation de vertige intérieur et l'écrasement innommable de la révélation, (bien douloureuse) il se passe quoi? Ben rien. La vie continue. Ratée ou réussie, il faut boire la coupe jusqu'à la lie et s'intéresser à la manière dont on va remplir le temps qui reste. C'est très con mais au moins ça retire pas mal d'amertume à l'idée de n'avoir pas réussi dans la vie..

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :