• Pour rappel le 1er Novembre 1954..

    Le Monde du mercredi 20 juin 2000 relate en première page le témoignage d'une algérienne. Il s'agit de Lila Ighilariz qui fut torturée par l'armée française en 1957 après avoir été capturée par la 10ème division parachutiste stationnée à Paradou Hydra. Cette division était commandée par le Général Massu, et Bigeard était également présent.

    Bigeard est l'auteur d'un livre intitulé : "Le manuel de l'officier de renseignement". Ce document officiel a été publié par l'armée française et imprimé chez Lavauzelle, Boulevard Saint-Germain à Paris. J'ai eu personnellement ce livre entre les mains durant mon séjour sous les drapeaux en Algérie. Sur la couverture était portée la mention "Écrit au camp Jeanne d'Arc par le colonel Bigeard". Ce livre décrit avec autant de précision que de sadisme les méthodes de torture préconisées : la magnéto dite "gégène" qui produit du courant continu haute tension que l'on envoie par les parties génitales ou les mamelons des seins quand il s'agit de femmes. Lila a du connaître ce supplice ! Y sont décrit également le masque à gaz dans lequel on introduit de l'eau, la baignoire etc.

    Dans chaque place du territoire algérien, il y avait un "officier de renseignement", tortionnaire officiel entouré de son équipe de "Paras". Dans le Constantinois ou j'ai passé seize mois en 1959 et 1960, j'ai personnellement observé les faits suivants. A Telergma sévissait le lieutenant Durudaud, officier sadique qui "questionnait" en moyenne cinq personnes par jour. L'état dans lequel il les laissait scandalisait les gendarmes chargés de les interner ! Durudaud trouva la mort dans une opération de renseignement qu'il avait montée. Il a eu la légion d'honneur à titre posthume ! Dans la place d'Ain M'lila, le renseignement était l'affaire du Comte de Clermont, fils de Henri, Comte de Paris. Son "officine" était à un niveau supérieur à celle de Telergma quant aux nombre d'interrogatoires journaliers. Enfin, à Constantine, la ferme dite Ameziane, de sinistre mémoire, était un véritable camp de la mort où la torture était pratiquée de façon industrielle.

    La guerre d'Algérie a fait environ un million de morts du côté algérien, à comparer à 32 000 du côté français. Combien d'Algériens ont subi la torture ? Le silence est fait sur cette question, mais il y a fort à parier qu'une forte proportion du million de morts l'a subie, car une exécution sommaire et sans jugement suivait souvent la séance de torture.


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