
Je voudrais dire à tous mes futurs amis(ies) que je ne renie ni mes origines ni mes racines, je les porte plutôt comme un insigne. Je revendique mon algerianité, mon appartenance à l'Algerie que j'ai au cœur, je suis algérienne d'esprit et de sang. Je ne peux renoncer à mon héritage millénaire qui a fait mon identité. L'identité ne se limite pas aux éléments figurant sur l'état civil tel que le nom, prénom, lieu de naissance.....L'identité est modelée par le milieu, la famille, l'environnement qui inculquent un héritage ancestral fait d'attitudes, d'aspirations, de conventions, de préjuges....l'identité n'est pas donnée une fois pour toute, tout comme la personnalité, elle se construit et se transforme tout au long de l'existence, elle fait que personne n'est identique à personne et c'est ce qui fait la richesse de chacun, sa valeur et c'est aussi ce qui fait que chaque être est singulier et potentiellement irremplaçable.
L'appartenance quand à elle c'est le partage avec un groupe ou un peuple d'une langue,de convictions, de coutumes, de croyances, de rites, de gouts culinaires et artistiques ainsi que de divers sentiments, un tout que l'on nomme culture et qui chez nous est issu d'influences arabes, berbères, africaines, musulmanes mêlées à d'autre influences occidentales. La combinaison de l'identité et des critères d'appartenance peut affirmer à la fois nos liens avec nos semblables et notre spécificité tout comme notre non-appartenance. En toute personne se rencontrent des appartenances multiples qui parfois s'opposent entre elles. Moi, par exemple, mes appartenances me relient a un grand nombre de personnes pour avoir comme langue maternelle l'arabe, langue de l'islam, cette langue tisse pour moi des liens avec ceux qui l'utilisent dans leurs prières , donc une de mes appartenances est ma religion, quand aux langues française et anglaise que je maitrise me donnent une parenté linguistique et culturelle avec les peuples qui les pratiquent. Soit par la langue ou soit par la religion j'ai un lien.
Mais aujourd'hui, je trouve parfois des difficultés à m'identifier à mon peuple, j'ai l'impression de perdre mes repères, entre intégrisme et désintégration, conséquences à l'insatiabilité de la bêtise des hommes, et nous assistons impuissants au greffage morbide de l'identité millénaire a des cultures et des modes de vie importés. Dieu Merci, le greffon ne prend pas et les bourgeons éclosent avec la célérité de l'énergie de la vie. Une preuve intangible de notre attachement à nos racines et à nos valeurs. Comment oublier les éléments constitutifs de notre personnalité, de notre algérianité, de notre expérience riche et féconde par les influences que nous avons subi pendant des siècles par les Phéniciens,les Carthaginois, les Romains, les Arabes(raids d'Okba Ibnou Nafiii),La gouvernance par les Ommeyades (Damas) des Abassides (Baghdad) le règne des Almohades, des Almoravides, des Ottomans puis enfin des français. Comment oublier ces "gènes de l'âme", qui ont resisté.... l'âme d'un guerrier numide, de l'Emir Abdelkader, d'El Mokrani, de Cheikh Bouamama, de Messali Hadj qui ont remis le flambeau à Larbi BenM'hidi, Abana Ramdane, Zighout Youcef, Hassiba Ben bouali....et à des millions de connus et d'anonymes qui ont perdu la vie et arrosé la terre de leur sang pour que l'atavisme se régénère.Tous ces valeureux sont les composantes de notre identité et nous n'aurons de paix que lorsque nous vivrons avec nous mêmes en acceptant l'héritage légué par nos ancêtres pour que le combat et le sacrifice de nos martyrs ne soit jamais vain !